19 décembre 2010
Avec vos mots
A partir de plus de 100 mots offerts par mes amis, j'ai pu créer, grâce à eux et pour eux, cette petite histoire ...
Sheitan, louve bleue,
Blottie dans les étoiles
Applaudit le monde
Elle murmura
Dans les ténèbres
Le fiel obscur
des songes
Babel,
De guerre choisie revenu
Parfait fantôme de Satan
Creusa dans le croissant que formait l’iris étrange
Des pinceaux de mille lunes
L’artiste
Ebahi de souffrance
A l’aura invincible
Du passeur sombre de vie
Au catharsis des foules obligatoires
Supplia Pégase
De l’envahir de lumière
Sur la toile
Noire d’un étang
Ecorché de roseaux damnés
L’apparition d’une âme
A la beauté déchirée.
L’émanation d’un souffle
De vie
Le fit rêver
D’un enfer sans ombres
L’île ainsi amputée de vagues mornes
Forma du tableau un calice
Exutoire de l’amertume de Babel
Qui pris de remords de tant de guerres
Initia sa main
A la compréhension des hommes.
Il demanda à Pégase
De rejoindre Sheitan
De glisser dans l’au-delà de son cœur malade
Le chant d’un oiseau
La musique des ruisseaux
Sheitan,
De ses yeux crevés
Saigna la solitude du cheval
Ecorcha l’esprit impossible des vagues
Arracha dans la brume le rêve des fous
Pour y élire l’amour
Une échelle d’huile
Enterrée de cercles mordorés
Gravit le tableau
Semblable au gâteau
Méditant le regard de l’affamé
Au centre noir de l’iris
Le clair obscur du guerrier échangea la mort
Contre pénitence de vie
La pluie envoûtée
ô vertige étiré du sang du poète
Se tordit de plaisir
Etira les plis froids de sa chair
Pour l’accueillir au puits de son sommeil
Au pays des Centaures
Elevés du soupir des Justes
La joie
Filante
Des crinières contemplées
Sheitan, Babel, Pégase
Voltigeurs des âmes mortes
Elisent le plaisir des ondes
Supplient les songes usurpés
Creusent
Baillent
Aspirent
Décident
Vident
La terre sans âme.
Au pays des Centaures
Ruisselle la paix
Aimer est une mer
Où les humains plongent
Dansent
Alanguis de néant.
Corinne Cornec Orieska,
Le 17 dec 2010
Avec les mots de chacun sur FB,
tous droits réservés aux auteurs, écrit et mis en forme par corinne cornec orieska
10 décembre 2010
24 novembre 2010
Notre père qui êtes ...
24 novembre 2010.
Combien de bougies n'auront pas été soufflées.
Novembre est triste. J'ai toujours détesté l'hiver.
Il me rappelle la mort.
Ma voisine.
De toute manière, de souffler tes bougies, tu t'en moquais, l'important c'était d'être là. Si tu savais le nombre de cons que je vois tous les jours. Dans la littérature, c'est comme dans tout ce qui a pu t'exaspérer en politique, et moi dans la mode ... il y a toujours des "donneurs de leçon", tu sais, les pseudo-profs à quat'sous qui te disent le "bien penser", la "bonne conduite" ... des Karl Lagarfeld avec un éventail planté dans le cul ... si si ...
Ces gens-là m'énervent mais je n'ai plus envie de leur répondre. Je les élimine chaque jour de ma page internet.
Mais il y a les valeurs sûres, ces Mohamed, Eve, Béatrice, Alain, Michèle, Jean-marc, Leaves, Romain, et tant d'autres qui se sentent "orphelins", comme nous.
C'est peut-être la poésie, le refuge aux orphelins, ou la cour des miracles pour ceux qui se sont proclamés intellectuels.
"On" ne comprend rien, c'est "hermétique", il faut vraiment aimer ça pour vouloir y entrer, fermer les yeux et ressentir.
La main tendue de ton amour t'a rejoint dans la pénombre.
Etre vivant est être soi. Celui qui n'en a pas conscience refuse d'exister.
Exister, c'est oser.
Oser être seul, très souvent.
Mon père, ce soir, je te le confie, je crois que je suis une anarchiste.
CCO, le 24/11/2010,
tous droits réservés
18 novembre 2010
parce que je peux, parce que je suis
Parce que du bonheur il reste le bon et que l'heure s'évanouit au milieu des paumes, parce que je suis, comme Prévert l'a écrit "ce que je suis, que j'aime celui qui m'aime, que je plais à qui je plais" ... Ce soir, j'ai décidé que mes mains écriraient à toute heure, n'importe quand, parce que peux, parce que je suis.
Je ne pense pas qu'il faudra réfléchir, comme j'aime écrire comme on regarde un paysage et s'émeut, simplement, vite, se baignant dans l'essence impitoyable et vraie des choses telles qu' elles sont.
Du jardin boréal où le chêne foudroyé de "la Justice" a fini de cracher la sève, de l'herbe haute dressée comme un soupir vers le ciel invisible, des léthargies d'automne à peine dessinées, aux nénuphars soupirant d'humeur aqueuse, j'écris parce que je peux. Parce que je suis.
le 18 novembre 2010,
20H44 à 20H57
corinne cornec orieska
26 octobre 2010
La vie dans la peau
C'est mardi. 26 octobre 2010. 15h24. Je ne sais pas encore ce que je vais écrire. Comment je vais vivre aujourd'hui ou demain. Peu importe. Suivre le chemin du bien être. Ne rien calculer. 15h25. Anesthésie en cours. Une oreille au scope. Tout roule. Je peux écrire, laisser libre cours aux divagations de l'âme. Dans ce métier, on ne peut pas parler, chacun pour l'autre, aucun pour soi. Pendant que la deuxième oreille explose d'un remake de "tournez ménage" des inconnus, j'ai la cervelle qui bouillonne. Heureusement mes chevaux sont là, partout dans ma tête. Ils soignent tous les maux, donnent la force d'affronter tout. Quel apaisement, le même que j'éprouve devant un aquarium, les regarder, non, les contempler ; Victor Hugo a bien trouvé ce titre "Les contemplations" ... je ne contemple pas mon esprit, je contemple parfois ce qui le traverse ; Je me demande comment j'arrive à réfléchir ... non, penser dans un tel environnement. Bruyant, électrique. . Je réponds machinalement à la question suivante "crois-tu aux coups de foudre ?" ... Je réponds "oui, à condition de ne jamais vivre ensemble" ; la vie commune use la passion c'est un choix. Bon, où en étais-je ... mon père, mon héros, bientôt son anniversaire. Encore un sans lui. J'estime ne pas raconter ma vie ; ma vie est celle des autres. C'est dans la poésie que je dissimule si bien des choses et me livre pleinement ; si, j'en suis fière. A cheval je ne suis pas encore assez finie pour me livrer pleinement et que personne ne voit rien ... Mon père a lu mon premier recueil quand il est paru en 2005, un mois à peine avant qu'il parte. Il m'a dit qu'il avait reconnu tant de choses de notre famille, que ça lui faisait plaisir que j'arrive si bien à les camoufler . J'en suis heureuse. Nous avons de multiples faces, et de multiples carapaces, et sous chaque carapace existe une autre carapace ...
Il est 15h 36. Mon père me manque. J'ai envie de pleurer. Je me lève m'occuper du malade qui dort. je rigole un coup avec l'équipe, histoire de faire bonne figure, montrer toujours le bon côté, le côté faux, celui que tout le monde se satisfait de voir pour supporter l'autre au travail. Tout le monde est content, je peux me rasseoir. Ecrire. Ecrire.
Ne réfléchir à rien, juste aux vagues. Aux vagues silencieuses. Aux vagues silencieuses qui déchirent la cîme des arbres, aux prairies. Aux prairies d'herbes sauvages qu'inaugurent les amants. Je pense à mes chevaux. Pourquoi suis-je incapable de monter un autre cheval que le mien ? Pourquoi ai-je acheté un deuxième cheval pour éviter de monter les chevaux des autres ? ; pourquoi n'ai-je confiance qu'en moi. Mes chevaux. Je ne devrai pas réfléchir trop, laisser libre cours à mon instinct. Mais je lutte toujours contre l'instinct, c'est une question d'habitude, d'éducation, il est si simple d'y céder, si difficile d'y renoncer. Je me ballade entre les deux ; car réfléchir c'est bien, j'aime bien me prendre la tête comme on dit, évoquer un sujet et le dépouiller pour en faire le tour, énoncer des centaines d'hypothèses ; car j'ai peu de principes, sauf le respect, les habitudes me gênent, m'empêchent de créer.
15h44, je reprends plus tard. Je n'ai rien d'autre à dire.
ah oui, c'est vrai il faut signer, mettre son copyright ... perdus dans n'importe quel ouvrage, je reconnaitrais mon écriture et mes mots parce que j'ai ma façon à moi de les tourner qui n'est jamais la même et que je reconnais, qu'il est impossible de copier ; et quand bien même on les copierait, je m'en fiche, j'en écrirai d'autres ... Les mots appartiennent au monde, ce sont les tournures de phrases qui nous sont propres ...
A mes amis d'écriture depuis mes premiers mots écrits depuis 2003, Eve, Béa, Romain, Pascal C., Michèle et d'autres de "l'aurore poétique" ...
corinne cornec Orieska, puisqu'il faut le dire.
15 octobre 2010
Il neige dans ses yeux.
La cataracte du temps s'empare des chairs de son regard,
la blancheur des jours heureux n'est que
l'empreinte lente du feu de la vie
qui s'en est allée ...
14/10/2010
cco, tous droits réservés
13 octobre 2010
Au ventre du vide
survit l'étoile réverbère.
L'impasse humaine
foulée par des millions d'âmes
mène -t-elle à l'espace de l'existence,
au temps d'une vie,
au simple souffle d'un coeur qui aime ?
12/10/2010,
CCO
06 octobre 2010
De la douceur des vents de l'Ouest
reste la triste feuille mordorée
chavirant sur
l'intime espace de la mer, l'écume.
CCO, le 6 octobre 2010
08 mai 2010
Cheval
La brume longe les regards perdus.
Une croupe offre au plus doux des chairs, des mains incertaines,
les chemins hasardeux de sa crinière.
Au vent,
au bleu du jour qui naît et grandit,
l'âme et le corps plongent dans l'absolu.
Cheval
. CCO, mai 2010
18 avril 2010
poésie ?
à Maria-D, Michel à Franquevaux, Eve, Pascal, Athanase, et les autres, eux ... toi, lecteur ...
Chère lectrice, assidue de mes souffles confiés au vent du hasard qui ne l'est pas, comment vous dire en quelques mots que la poésie est partout et nulle part, d'un bout à l'autre du monde, nait et meurt, l'est ou ne l'est pas ; à moi et à tout autre de la saisir à l'assaut, de se laisser envahir et traverser par elle, comme un trait de crayon définit le chemin du regard ; voilà ma conception de la poésie, une essence en chacun.
La poésie n'est pas seulement l'ouverture d'esprit que pourrait avoir celui qui écrit sur le monde, sur l'âme, l'humain, la nature, etc. De quel droit celui qui écrit et que l'on nomme, sauf lui-même, "poète" (celui-ci est un poète, de même qu'autrui désigne "monsieur" celui qui ne s'y nommera jamais de lui-même) ; la poésie est partout il suffit de la ressentir, pour cela, de la percevoir, avec ses sens ; tout le monde est pourvu de ses sens ; même l'aveugle a développé une perception différente et supérieure capable de lui faire "voir" ce que les voyants ne voient pas ! ; la poésie est. Le poète lui ? ; c'est une appellation à mon sens, un mot pour désigner celui qui tient le crayon de ce qui existe ; l'art est il me semble dans la perception du monde et l'utilisation des mots et des images pouvant permettre au regard et aux sens qui lui sont étrangers (l'autre) de s'approprier ses propres pensées, ses propres sens. Voici la magie de l'écriture.
Un homme marche, c'est un fait, une ombre avance, c'est déjà l'implication de ses sens dans un acte à priori banal ; parler de poésie sans parler de pudeur me parait impossible ; il faudra tout de même un peu de méthode pour arriver à suggérer, faire naître au mieux une émotion, sans se dévoiler en tant qu'être vivant et social mais arriver à se détacher de soi pour mieux regarder autour, tout en préservant (c'est-à-dire, ne pas oublier) le souvenir, oui, le souvenir de ce que soi-même ressent au moment précis où l'idée d'écrire va naître ; écrire, c'est préserver, ouvrir, tracer, se laisser guider, sans se perdre et surtout sans égarer l'autre, à moins que l'idée de départ fut de montrer la fragilité de l'être, sa capacité à grandir et à se perdre aussi ....
à suivre ...
Je remercie mes lecteurs et lectrices, mes éditeurs et amis





