Dans une petite maison de pierre posée près d’un cimetière au milieu de la campagne

un homme seul, assis à une table, pose ses larmes sur un livre, le regard pendu au souvenir

La douleur tremble dans ses mains

et les pages mélangées de sa vie tournent d’elles mêmes

Hier c’était un homme heureux

demain n’existe plus

aujourd’hui il n’est plus rien

Il a aimé comme personne, on l’a aimé comme quelqu’un.

Ses yeux se ferment pendant que son cœur émietté préserve les images heureuses du passé

Chacun de ses soupirs souffle un peu de nuit sur le rêve atténué de ses jours

Le livre scellé pour toujours voit l’homme se déplier lentement et se traîner jusqu’au dehors

Il marche vers le cimetière

Et devant le mur glacé de la tombe muette, il cherche à tâtons la main tendue de son amour .

extrait de "Le jardin boréal"

corinne cornec orieska